La MSA s'est lancée dans l'étude AGRICAN pour des raisons de santé publique.
La France manque cruellement d'informations sur le lien éventuel entre "activités agricoles et cancers". L'étude apportera, en plus de cet éclairage, des informations sur toutes les maladies liées au travail de la terre ou de l'élevage.
Cancers en agriculture : quelles connaissances aujourd’hui ?
Des études nord-américaines et scandinaves
Les données épidémiologiques sur le risque de cancer en agriculture sont essentiellement issues d’études nord-américaines, scandinaves ou italiennes.
En 1993, une étude de santé agricole (AHS) a débuté dans les Etats de la Caroline du Nord et de l’Iowa avec pour objectif d’étudier les facteurs environnementaux, professionnels, diététiques et génétiques sur la santé de la population agricole. L’étude a inclus 89 658 personnes auprès desquelles ont été menés des entretiens téléphoniques, ont été prélevés des cellules de la joue et ont été réalisés des questionnaires diététiques. Globalement, les premiers résultats montrent que la population agricole développe significativement moins de cancers que la population de l’Iowa et de la Caroline du Nord. Les cancers respiratoires, les cancers du système urinaire ou les cancers du système digestif sont sensiblement inférieurs. Le cancer de la prostate est plus élevé chez les exploitants agricoles et les applicateurs. Le mélanome, cancer de la peau est sensiblement plus élevé chez les conjoints d’exploitants. L’étude se poursuit aujourd’hui. Plus de détails sur www.aghealth.org.
Un manque cruel d’informations en France
On ne dispose, en France, d’aucune étude d’envergure permettant de connaître précisément les risques de cancers liés aux activités agricoles et plus globalement à l’utilisation des phytosanitaires. Une petite cohorte a cependant été mise en place dans le Calvados en 1995 afin d’étudier sur une période de 10 ans le risque de cancer en milieu agricole. Les premiers résultats pour la période 1995-1999 ont montré une sous-mortalité en milieu agricole notamment pour les maladies cardio-vasculaires et les cancers broncho-pulmonaires. Toutefois certains cancers (prostate, sang, cerveau, peau…) seraient en excès. Ces résultats sont cohérents avec ceux obtenus en Amérique du Nord.
L’expérimentation animale
Les études toxicologiques chez l’animal mettent en évidence le pouvoir cancérogène de certains pesticides, qu’il s’agisse d’herbicides, de fongicides ou d’insecticides.
Certains cancers toucheraient plus particulièrement les agriculteurs
A travers les différentes études, on remarque que la mortalité cancéreuse est plus faible chez les agriculteurs que dans la population globale, en raison notamment, d’une moindre consommation tabagique.
En revanche, le risque de développer certains cancers spécifiques apparaît plus fréquent parmi les agriculteurs : cancers de la prostate et de l’estomac, hémopathies malignes (leucémies, lymphomes malins, myélomes), cancers cérébraux et cutanés (mélanomes et autres formes), sarcomes des tissus mous.