La maladie chez l'animal
Epidémiologie
Espèces pouvant être infectées par les influenzavirus
De très nombreuses espèces d’oiseaux domestiques, sauvages(essentiellement aquatiques) et d’ornement.
Parfois des mammifères aquatiques (phoque, baleine) et terrestres (porc, cheval, vison, chat…).
Distribution géographique et fréquence des cas d'influenza aviaire
Répartition mondiale : les migrations contribuent à favoriser la dispersion de ces virus. Une vingtaine d'épidémies animales (épizooties) à virus hautement pathogènes recensées dans le monde depuis 1959. Depuis fin 2003, une épizootie à virus H5N1 a touché plusieurs pays d'Asie du Sud Est puis a progressé vers l'Ouest à partir de l'été 2005, touchant la Russie occidentale, le Moyen et le Proche Orient, l'Europe (dont la France) et l'Afrique. Certains pays ne recensent des cas que chez les oiseaux sauvages ou un nombre très limité de foyers en élevage.
Transmission de l'influenza aviaire
- Oiseaux sauvages : surtout par voie digestive via un milieu aquatique souillé par des déjections contaminées qui peuvent rester infectieuses pendant plusieurs mois. La transmission par voie respiratoire les virus H5N1 pourrait aussi être possible.
- Animaux d’élevage et d’ornement : d’animal à animal par voie respiratoire, oculaire et digestive, le plus souvent par la toux, les éternuements, les déjections, et les aérosols infectés.
Symptômes
Il s’agit le plus souvent de virus faiblement pathogènes. Mais certaines souches de virus peuvent causer une mortalité massive chez les oiseaux (influenza aviaire à virus hautement pathogène tel que le H5N1).
- Faune sauvage : il est possible qu’une faible proportion d'oiseaux sauvages soient porteurs de virus sans être malades expliquant que des oiseaux infectés puissent véhiculer le virus à distance. Le virus H5N1, extrêmement virulent, cause des mortalités importantes dans certaines espèces d'oiseaux sauvages.
- Elevage : affections respiratoires et baisses brutales de ponte.
- Formes hautement pathogènes : symptômes beaucoup plus marqués, signes nerveux et/ou digestifs, mortalité brutale pouvant atteindre 100 % en 48-72 h.
La maladie chez l'homme
Épidémiologie
Transmission de la grippe aviaire
La transmission de l'influenza aviaire à l'homme (grippe aviaire) est rare et peut avoir lieu lors de contacts fréquents et/ou intensifs avec des oiseaux infectés. Elle se fait par le biais de fines poussières contaminées par les déjections ou les secrétions respiratoires des oiseaux :
- Principalement par voie respiratoire.
- Par projection sur les muqueuses oculaires.
Les mains contaminées peuvent aussi porter le virus près des voies respiratoires ou des muqueuses oculaires.
Remarque : l'existence d'une infection simultanée, chez un porc ou chez un être humain, par un virus de la grippe aviaire et par un virus de la grippe humaine pourrait favoriser l'émergence d'un nouveau virus très contagieux pour l'homme (recombinaison).
Fréquence des cas
Transmission à l’homme peu fréquente. En Asie et au Moyen-Orient, fortement touchés par l’épizootie à H5N1, l’organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé plus de 220 cas humains entre 2003 et juillet 2006.
Activités professionnelles à risque
Contact étroit avec des oiseaux ou volailles infectés ou leur environnement souillé, notamment :
- Eleveurs et leurs familles, techniciens de coopérative et vétérinaires avicoles.
- Equipes d'intervention pour euthanasie, nettoyage, désinfection, ramassage des cadavres, équarrisseurs.
- Personnel des parcs zoologiques ou des animaleries hébergeant des oiseaux.
- Personnel en contact direct avec des oiseaux sauvages.
- Personnel technique de laboratoire.
Symptômes et évolution
- Parfois simple conjonctivite.
- Habituellement forme grippale, pouvant se compliquer d'une pneumonie (mortalité élevée).
Quel statut pour la maladie ?
Santé animale : maladie réputée contagieuse sous la forme hautement pathogène chez les oiseaux et les volailles.
Santé publique : ce n'est pas une maladie humaine à déclaration obligatoire.
Maladie professionnelle indemnisable : la maladie ne fait pas l'objet d'un tableau de maladie professionnelle à ce jour.
Les influenzavirus de type A sont classés dans le groupe de danger 2 (R. 231-61-1 du code du travail).